École à la maison

Compassion | École à la maison

J’ai décidé de déposer ici, dans ce petit espace web qui m’appartient, un texte que j’ai partagé sur Facebook, en date du 26 janvier 2021. J’avais envie de partager comment je vis l’aventure d’école-maison avec ma famille en ce moment, en totale compassion avec toutes les familles du Québec et d’ailleurs.

Tout au long du texte, je parle au féminin car dans la communauté d’école maison, il y a un très grand pourcentage de mamans fortement impliquées. Je sais que les papas ne sont toujours pas trop loin derrière! Mais je tenais à en faire la précision ici, avant le début de votre lecture. Aucune rancune envers la gente masculine je vous rassure. 
Ma famille et moi sommes dans cette formidable aventure qu’est l’école à la maison pour la 11e année cette année. J’ai quatre enfants (14, 12, 10 et 6 ans) et nous vivons cette aventure d’apprentissages en famille conjointement avec l’école publique. À ce jour, j’ai maintenant deux enfants qui fréquentent une école et deux encore à la maison. J’ai connu l’aspect  »totalement incognito », l’aspect loi du ministre Proulx et bien entendu la suite que nous vivons en ce moment.

Je ne sais pas de votre côté, mais du mien je vois des DIZAINES de mamans qui sont complètement dépassées. Fatiguées et épuisées. Beaucoup de craintes, de peurs, d’incertitudes, de boule dans l’estomac. Plusieurs me font part de problèmes de santé qui surgissent. Je ne dis pas que c’est la norme, mais simplement un constat dont j’avais envie de discuter, en toute bienveillance, douceur et sans jugement.

Je dois avouer que la situation actuelle concernant l’école à la maison, me préoccupe réellement. Je suis moi-même dans une grande passe de questionnement pour notre aventure. Je suis inquiète, fâchée, résignée, triste. Je suis une guerrière pour mes droits et libertés. Mais je suis maintenant une guerrière vraiment fatiguée.
Même si ma relation avec la personne chargée de suivre notre famille à la Direction de l’enseignement à la maison (Ministère de l’éducation) a toujours été des plus amicales, avec coopération, pas trop de chichi, etc. reste que néanmoins il y a un stress qui est constamment régénéré en moi. Je cherche encore le vrai  »pourquoi ».

Je sais que la paperasse n’arrive que trois fois par année quand on regarde ça froidement. Je sais que tous les enfants du Québec doivent également un jour ou l’autre passer des examens. Le système est fait comme ça semblerait-il. Mais, il reste toujours ce  »mais ». J’ai connu le  »avant ». J’ai connu autre chose et je suis incapable de baisser la tête et d’accepter. Mais j’ai l’impression de mener une  »bataille » qui ne mènera qu’à un épuisement collectif. Et je ne souhaite tellement pas qu’on ne devienne que cela: une communauté de mamans complètement épuisées.

L’école à la maison nous a offert, à ma famille et moi, tant de beaux apprentissages, de liberté, de projets de vie formidables. Tant de moments précieux avec ma famille, même si je me suis  »arrachée » les cheveux plus d’une fois, même si je me suis cachée dans la salle de bain pour manger des chipits de chocolat en cachette en braillant ma vie! La maman en moi souffre beaucoup de tout ce qui se passe en ce moment concernant notre projet d’école maison. Ce projet, c’est toute ma vie depuis les 15 dernières années (nous avions fait ce choix de vie à la naissance de notre fille aînée). J’ai beaucoup de difficulté à vivre avec toutes ces nouvelles conformités d’un moule qui n’est pas le mien. J’éprouve beaucoup de compassion également pour toutes les mamans qui souffrent en ce moment, tout comme moi.

Ce texte était simplement pour vous faire part que si vous vous sentez démunies, tristes, complètement atterrée, résignée, sachez que vous n’êtes pas seules. Je suis absolument convaincue, pour l’avoir vécu, que l’école maison n’est pas ce que tente de nous faire avaler le système, mais bien ce que nous véhiculons dans notre maison, avec notre famille.

Je vous précise que je tiens un discours de courage et d’humilité mais teinté d’un profond découragement. Un sentiment bitter-sweet qui pèse beaucoup sur mes épaules et qui semble peser également sur les épaules de beaucoup de mamans que je rencontre.

Bref, je ne sais pas trop quoi tirer de ce p’tit (long) texte aujourd’hui. Tenir tête à un gouvernement n’est pas une chose facile. Surtout quand on ne sait même plus trop pourquoi on mène la bataille ou qu’on n’a aucune idée du  »comment » mener cette bataille tout en désirant protéger sa propre famille. Je ne suis plus convaincue de pouvoir la mener encore bien longtemps, mais j’espère encore, tellement, que nous pourrons faire changer les choses.

Je tiens aussi à préciser, à toutes les familles qui se sentent pourtant confortable dans la situation, dans votre situation, c’est réellement formidable! Beaucoup de messages de crainte et de peur circulent et on retient malheureusement souvent plus le négatif que le positif dans nos lectures. Vous avez tout autant le droit d’être bien dans la situation où vous vous trouvez. C’est après tout tout ce qu’il y a de plus important.
Faisons rayonner le positif le plus possible. 💖

Courage, paix et douceur.

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